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Dissociation

Si le concept de Dissociation est de plus en plus étudié, il n'en demeure pas moins mystérieux, encore peu reconnu, même par les soignants. Certains nient carrément son existence. Mais le pire à mes yeux, c'est qu'il est craint par les thérapeutes et les formateurs. 

"Si il y a de la dissociation, n'y allez pas !" C'étaient les propos d'un formateur de Niveau 1 en EMDR, en 2010, quand je me formais à Paris. Sauf que ... Quand vous étudiez la dissociation, vous réalisez qu'elle est plus ou moins partout. 

De la même façon, j'ai croisé quantité de collègues qui préfèrent botter en touche et adresser leurs patients "trop dissociés", laissant cette population sans soins. 

CLARIFICATION

Pour l'experte de renommée mondiale Suzette Boon, il existe pas moins d'une 20 aine de définitions, entretenant la confusion à son encontre.

Pourtant, quand vous y regardez d'un peu plus près, des patterns de fonctionnement émergent, et nous permettent de clarifier ce processus si puissant et si invalidant dans la vie des patients.  

Dans le modèle InCorporer, nous appréhendons la dissociation de 2 façons : le processus dissociatif, et la structure dissociative. C'est largement suffisant pour rendre compte de sa réalité, de comment elle se manifeste, mais surtout, de comment la gérer. Car nous voulons le modèle InCorporer comme pratique et source de solutions concrètes.  

LE PROCESSUS DISSOCIATIF

En tant que mammifère, l'être humain a connu un développement bien spécifique en terme corporel. Sa posture bipédique est unique dans le règne animale, tout comme le développement de son cortex pré-frontal, ainsi que l'état d'impéritie de sa progéniture. Près de 25 années nécessaires au développement optimal de CPF, accompagné de sa dépendance vitale à des caregivers, font peut-être de l'humain un des espèces les plus fragiles sur Terre.

Face à une fragilité structurelle si grande, il vaut mieux être équipé de quelques systèmes de défense pour garantir notre survie. L'un d'entre eux serait la dissociation.     

LA STRUCTURE DISSOCIATIVE

Que se passe-t-il quand notre système nerveux immature (entre 0 et 25 ans donc), c'est à dire en construction, doit fréquemment créer des ruptures de l'expérience consciente ?  

Imaginez que vous souhaitez rédiger un article sur votre ordinateur, mais qu'il s'éteint et se rallume toutes les 20 secondes... Parfois il sauvegarde vos écrits, et parfois non... Pensez-vous que vous allez parvenir à écrire quelque chose de cohérent ? 

Je pense que vous allez, au mieux, amener votre ordinateur chez le réparateur, et au pire, en acheter un autre. Ce que vous ne pouvez pas faire pour votre système nerveux. Des experts en système nerveux, cela ne court pas les rues, même si les connaissances et les pratiques se développent, avec plus ou moins de résultats. 

Quand le système nerveux de l'être humain "s'allume et s'éteint" de façons répétées et fréquentes (plusieurs fois par jours) pendant des périodes précoces, cela crée une structure qui a compensé. Entre activation de ses besoins primaires et réparations des systèmes blessés, fragmentation de l'expérience et de la conscience. Ce système n'a pas atteint un développement optimal et intégré.

On parle alors de structure dissociative. Et avec 87 milliards de cellules cérébrales aux dernières évaluations, les adaptations peuvent être nombreuses.

Et c'est sans compter les muscles, les fascias, et autres systèmes du corps connectés aux différents cerveaux.

 

LA NON INTEGRATION N'EST PAS LA DISSOCIATION

A SUIVRE 

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